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Le Blogue

ARRÊTER DE FAIRE SEMBLANT DE TRAVAILLER

21 octobre 2019
Écrit par Julie Gauthier
Catégorie : Dossier : Épuisement

LE BLACK-OUT

Comme vous le savez peut-être, en avril dernier, j’ai frappé un mur, que dis-je LE mur, celui dont tout le monde parle. Vous savez cet énigmatique syndrome qui nous attend au détour du dossier de trop ou encore plus subtilement derrière une pile de vaisselle sale, celle qui vacille par sa hauteur et qui est caractérisée par l’assiette de trop. Je parle de l’épuisement professionnel ou en bon français « le burn-out ». Quel est le rapport entre vaisselles et épuisement professionnel vous-dites vous? C’est que cette petite bête insidieuse ne se contente pas d’un secteur de votre vie, c’est-à-dire, le boulot.

Elle se matérialise souvent quand le travail déborde dans plusieurs sphères de votre quotidien. En plus, elle ne fait pas de différences entre les tâches plates et celles excitantes, elle se contente de calculer le trop-plein, de bon ou de mauvais, sans distinction. Le corps se dit que si la tête n’est pas capable de se rendre compte que vous en faites trop, il doit prendre le relais et « tirer la plogue »! À ce moment-là, vous vous écroulez sur vous même au sens littéral et n’avez d’autres choix que de vous traîner jusqu’à votre lit. Autrement dit, vous n’êtes plus maître à bord et il y a eu mutinerie à l’intérieur de vous.

Je travaille à la direction d’organismes culturels depuis maintenant 12 ans. J’ai vu des gens tomber autour de moi, je me disais que j’allais voir venir, que j’aurais des signaux évidents et qu’à ce moment, je ralentirais. J’avais tout faux, j’avais oublié de faire entrer le déni dans l’équation. Ce mécanisme de défense qui nous permet de continuer à vaquer, en niant la réalité. Puis un jour, quelqu’un ose énoncer à voix haute ce qui est aussi évident que le nez au milieu du visage, ces mots entrent dans vos oreilles et il devient impossible de nier. Un matin tu crois que ça va aller et quelques heures plus tard…plus rien.

PERDRE SON PRÉCIEUX TEMPS

Revenons au titre de ce billet qui a clairement été écrit pour vous inciter à cliquer…mais il y a quand même un fond de vérité. Sur une journée de 8, 9 ou 12 heures, combien de temps passez-vous concrètement à travailler activement? Il est extrêmement difficile de se concentrer à 100% sur le travail sans laisser vaquer son esprit ailleurs ponctuellement.

Votre journée doit donc ressembler à : quelques minutes sur un dossier, un téléphone, un courriel, une marche à la machine à café, quelques minutes de Facebook, retour au dossier numéro 1, mais une ligne attire votre attention et vous fait réfléchir au dossier numéro 8. Recherche sur internet, se perdre dans les hyperliens… Oh une idée de projet, vous voulez l’écrire et donc cherchez un bout de papier et vous tombez sur une facture impayée, détour obligé par Accès D, bref vous comprenez l’idée.

Vous êtes sans arrêt déconcentrés par l’avalanche d’informations et vous n’arrivez plus à prioriser. Constat, la journée se termine, vous êtes épuisée mentalement et vous avez l’impression de n’avoir rien avancé.

De plus, la ligne entre travail et plaisir est devenue si mince que le travail ne se contente plus de cases horaires bien définies, mais s’invite au 5 à 7 avec les collègues, un dimanche matin (pour faire du rattrapage) ou à 2h du matin quand vous ne pouvez pas fermer l’œil.

DES TRUCS POUR ÊTRE EFFICACE

Comme j’aime bien tenter de tirer le positif de toute situation, j’aimerais bien vous entretenir de trucs et astuces pour ne plus vous sentir dépassé. Comme l’épuisement professionnel est surtout une question de gestion du temps et de ses priorités, le premier conseil est de tenir un calendrier.

LE BON VIEUX CALENDRIER

Je vous invite sur le blogue de l’organisme Thèsez-vous qui organise des retraites d’écriture pour les étudiants qui rédigent mémoire et doctorat. Ils ont développé un gabarit de calendrier qui peut être utile pour avoir une vue d’ensemble de son horaire. http://www.thesez-vous.com/planifhebdo.html

Ce peut être aussi dans un autre type de calendrier, personnellement j’utilise Google Calender et chose importante, j’y note tout, absolument tout! En mode travail quand je veux que mes engagements soient visibles par mes collègues et en mode perso pour tout le reste, rendez-vous perso ou pour ma fille, repas, courses, factures à payer. Tout. Vous verrez rapidement que votre horaire est plus rempli que vous ne le pensiez.

S’ÉVALUER

L’outil Thèsez-vous ajoute, en plus, une notion d’évaluation de sa journée. Chose que moi je fais dans la tenue d’un journal quotidien. Chaque jour, je prends le temps de noter mon appréciation de ma journée, des détails anodins, ce qui me passe par la tête. Avec le temps, vous pourrez décoder vos mécanismes, à quel moment vous vous sentez le plus découragé. Ce moment est-il en relation avec autre chose dans votre horaire par exemple? Est-ce que ça survient invariablement quand vous planifiez plus de trois réunions en deux jours ou encore après quatre repas de fast-food, mangés sur le pouce, dans votre voiture?

SE MINUTER

L’organisme Thèsez-vous utilise également beaucoup la technique Pomodoro, nom donné par son inventeur italien qui cherchait à se rendre plus efficace en fixant sa minuterie en forme de tomate. Il s’agit donc de travailler 25 minutes et de prendre 5 minutes de pause. Toutes les quatre sessions de travail, prenez entre 25 et 30 minutes de pause. Le succès de la technique est de se concentrer à 100% pendant les 25 minutes. Pas de téléphone, pas de distraction, pas d’internet. Même chose pour la pause. Il faut se lever, prendre une marche, quitter son écran.

Et vous, quels sont vos trucs pour ne pas vous sentir submergés?



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