
Monsieur le Premier Ministre Justin Trudeau,
Monsieur le Ministre Marc Miller,
Nous avons appris avec étonnement, désolation et dans l’incompréhension la plus totale que notre cher collègue, Monsieur Simon Croz, est expulsé du Canada. Pour seule cause probable et comme souligné dans cet article du journal Le Devoir publié le 26 août dernier, son statut semble être victime de la transition numérique du ministère fédéral de l’Immigration.
Malgré tous les efforts déployés pour mieux comprendre et corriger la situation, cette décision reste sans appel.
Jusqu’à la réception de la lettre d’expulsion émise par l’IRCC, Monsieur Croz était à la barre d’un organisme unique dans l’est du Québec : le cinéma et centre de production Paraloeil. Depuis près de 25 ans, cet organisme sans but lucratif permet à ses membres et à sa communauté d’utiliser le cinéma comme outil d’expression et d’émancipation. Depuis l’arrivée de Monsieur Croz, l’organisme a le vent dans les voiles. Cette situation injustifiée d’expulsion laisse l’organisme et sa petite équipe dans le brouillard et son directeur sans revenu depuis plusieurs mois.
Nous voilà donc privés d’un acteur clé du milieu culturel doté d’une expertise rare et appréciée, mais aussi d’un citoyen engagé dans sa communauté. En effet, Monsieur Croz s’implique bénévolement dans plusieurs conseils d’administration d’organismes à but non lucratif. Il participe activement aux démarches régionales en culture et éducation et aux actions de concertation afin que notre cinéma puisse naître ici et rayonner partout!Les dédales administratifs qui ont mené à l’avis d’expulsion ne font aucun sens et ne tiennent pas compte d’un fait très simple : nous devrions remercier Simon Croz d’avoir choisi le Québec, de s’y être installé et de contribuer si bien au développement de notre culture et de notre société.
Il est d’autant plus difficile d’accepter cette situation alors qu’il s’agit d’une personne outillée qui comprend bien les procédures administratives d’un processus d’immigration. Qu’en est-il de ceux et celles qui n’ont pas ce privilège?
Le milieu culturel bas-laurentien et la communauté du cinéma de l’est du Québec sont en deuil d’une ressource importante, et ce sans raison pertinente. Ainsi, nous joignons notre voix aux nombreux collègues, artistes, organisations et partenaires qui cherchent à éviter cette perte.
Au nom de l’organisme de regroupement Culture Bas-Saint-Laurent qui rassemble près de 400 membres artistes et organismes du milieu culturel régional, nous vous demandons d’intervenir rapidement dans ce dossier afin de corriger la situation de Monsieur Simon Croz. Pourriez-vous autoriser un statut temporaire afin qu’il puisse poursuivre ses activités pendant le processus de régulation de son dossier.
Notre région dite éloignée n’a jamais eu autant besoin d’attirer et d’assurer la rétention de ressources qualifiées et expérimentées, alors que la pénurie de main-d’œuvre qualifiée est criante dans tous les domaines. Il nous semble encore plus inconcevable de perdre une ressource aussi précieuse du secteur culturel.
Nous vous remercions de l’attention que vous porterez à notre demande. Vous pouvez compter sur notre entière collaboration à ce sujet.
Veuillez recevoir nos plus sincères salutations,
Dominique Lapointe,
Directrice générale de Culture Bas-Saint-Laurent
Véronique Drouin,
Présidente du conseil d’administration de Culture Bas-Saint-Laurent
Pour signer la pétition : Simon Croz doit rester au Canada